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Du rouge à l'orange

Justice

6 Septembre 2010 , Rédigé par serge92 Publié dans #Non classé

En ces temps de débat sur la question des retraites, l'adhérent Modem et cgt que je suis se sent obligé de mettre un billet sur la question.

Je viens d'écrire un commentaire sur le site officiel du mouvement democrate et comme je trouve que cela illustre bien ma position sur ce thème,je le retranscris ici...

Bon ok c'est peut être aussi par flemme de réecrire quelquechose de plus consistant ;o)

Mais si l'inspiration me revient, je completerai peut être mon billet...

 

Je trouve que l'on passe completement à coté de l'essentiel dans cette histoire de retraite et que l'on raisonne dans le désordre.

Il me semble que le positionnement médiatique de François Bayrou est contre productif car il valide l'idée qu'il n'y a aucune alternative à la question du financement des retraites que le recul de l'age de depart ou l'augmentation de la durée de cotisation. Je ne dis pas que l'idée de ce recul est completement inepte (Je pourrais pourtant, l'adherent MoDem que je suis étant également adhérent à la CGT). Ce qui me pose problème, c'est que l'on occulte complètement une des propositions du mouvement democrate qui apparait dans la zone "dossiers" puis "retraite" du site du MoDem:

"9- Enfin, l’équilibre financier à court terme des régimes de retraite n’est pour nous ni acquis ni même approché par les timides décisions annoncées. Cet équilibre financier demeure pour nous une très lourde préoccupation. En particulier « l’augmentation » de 1 pour cent (de 40 à 41 pour cent !) de la tranche la plus élevée de l’impôt sur le revenu nous paraît purement cosmétique. On ne résoudra pas le problème par des expédients comme ceux qui sont envisagés, épuisant en quelques années le Fonds de réserve des retraites qui devait être réservé aux générations d’après-guerre. Les efforts qui doivent être demandés, doivent l’être de manière durable et juste, proportionnée aux moyens réels de chacun et mettre à contribution des revenus, en particulier financiers, aujourd’hui en grande partie exonérés. "

Certains y verront, de ma part, un dogmatisme "de gauche" mais il n'est que la traduction d'un des grands principes souvent cité par François Bayrou:  la justice exige que chacun participe à la solidarité nationale en fonction de ses possibilités et de ses moyens. Le mot important dans cette phrase, c'est le mot Justice.

Quand on entend que 70 ou 75% des gens soutiennent le mouvement contre la reforme des retraites, ce n'est pas parcequ'ils refusent de faire les efforts necessaires, c'est avant tout parcequ'ils estiment qu'ont leur demande de faire des efforts qu'on ne demande pas à d'autres pourtant plus favorisés.

Je parle de ces fameux revenus financiers qui font le bonheur de ceux qui en profitent et qui ne contribuent pas à la solidarité nationale à la hauteur des grosses masses d'argent que cela représente.

Certains me repondront que cela n'a rien à voir avec les retraites. Je repondrai, en tant qu'humaniste, que le but principal de toute société civilisée doit être l'epanouissement tant physique que moral et intellectuel des êtres qui la constitue (et non la concurrence libre et non faussée qui apparaissait comme objectif de l UE dans un certain traité constitutionnel européen heureusement repoussé grâce à la vigilance des citoyens).

Une fois cela acté, la conséquence est simple: aucune frange des richesses crées ne doit echapper à l'obligation de contribuer à hauteur de ses possibilités à l'atteinte de cet objectif.

Pour revenir à la notion de raisonnement desordonné concernant la question des retraites, il me semblerait juste (j'insiste sur le mot) qu'avant de proposer un recul de l'age de la retraite/une augmentation de la durée de cotisation, on regarde d'abord  à quelle hauteur la mise à contribution de ces revenus financiers pourrait réequilibrer les comptes des systèmes de retraite. Une fois ce calcul là effectué, s'il reste un déséquillibre, alors là oui, il faudrait reflechir en terme d'age de la retraite ou de durée de cotisation. Je pense que les citoyens l'accepteraient plus facilement car ayant le sentiment que tout ne porte pas sur les mêmes épaules mais est équitablement réparti.

J'entends déjà certains dire que c'est trop difficile ou trop ambitieux. Je leur répondrai que je n'ai pas rejoint le mouvement democrate par recherche de facilité et que la résolution des grands problèmes auxquels le pays est confronté passe necessairement par des ambitions élevées.

Pour globaliser un peu ma reflexion, je dirai que ce type de raisonnement peut s'étendre à d'autres domaines car basé sur ce que je considère être le vrai but d'un être humain: la justice... Je parle de justice dans son sens d'équité.

Niveau sécurité par exemple, que veulent les gens ?

Certainement pas ce que fait le gouvernement actuellement qui consiste à punir des groupes entiers (par la suspicion que cela jette sur ceux qui en font partie) au nom des actes d'une minorité car cela n'est pas juste. La justice c'est de punir individuellement ceux qui ne respectent pas la loi et laisser tranquille ceux qui n'embetent personne.

Où je veux en venir ?

Que ce qui fera la différence en 2012, ce sera notre capacité à porter un message de justice ferme mais eclairée.

Cela me fait penser à un slogan qu'avait sorti Segolene Royal en 2007: "L'orde juste" Elle ne l'avait pas retenu comme slogan principal et je pense qu'elle a fait une erreur car ces deux termes associés sont d'une force phénomenale.

Donc Mr Bayrou, je continuerai à vous soutenir car je pense que vous êtes fondamentalement l'homme qu'il faut au pays mais s'il vous plait, recentrez vous dans vos discours sur cette idée de "Justice" qui associée aux autres peut donner une réelle cohérence à notre vision humaniste.

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