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Du rouge à l'orange

Une lointaine proximité

5 Octobre 2013 , Rédigé par serge92

Ces dernières semaines, pour appuyer leur volonté de rapprochement avec l'udi, les dirigeants du modem ne cessent de nous seriner que quasiment rien ne nous sépare politiquement de l'udi et que la logique voudrait que ces partis frères se rassemblent sous une seule et même bannière... Si on en croit les annonces de ces derniers jours, la signature d'une charte entre les deux mouvements serait prévue courant du mois d'octobre...


A ce jour, à l'exception d'un mail très généraliste du président du mouvement et de déclarations à la presse, les adhérents n'ont reçu aucune information sérieuse sur les tenants et les aboutissants de ce projet.

J'ai lu récemment sur le site du journal Le Figaro un article très intéressant sur la sociologie des partisans de l'udi, du modem et de l'ump.

Même si je ne suis pas proche des idées défendues par ce journal, j'aime bien y jeter un œil de temps à autre car la ligne éditoriale n'est pas inintéressante et on y trouve parfois des analyses assez pertinentes.

L'article peut être lu sur : http://www.lefigaro.fr/politique/2013/09/15/01002-20130915ARTFIG00175-ump-modem-de-qui-les-electeurs-udisont-ils-les-plus-proches.php

Cet article fait référence à une étude ifop disponible sur la page de l'article ou depuis le site de l'ifop sur: http://www.ifop.com/?option=com_publication&type=publication&id=618

A la lecture de cette enquête, on se rend compte que, à l'exception de l’Europe qui constitue un réel point commun, nous avons, sur tous les autres sujets, des partisans du modem en décalage par rapport à ceux de l'udi, autant sur le plan économique que sociétal.

Ainsi, sur des questions sociétales telles le mariage et l'adoption pour tous ou dans une moindre mesure le vote des étrangers aux élections locales, les partisans du modem montrent une appétence beaucoup plus forte que ceux de l'udi pour ces thèmes.

De même, sur les questions économiques, les partisans du modem apparaissent en moyenne moins libéraux économiquement que ceux de l'udi, renforçant l'idée que la base sociologique du modem ne tend pas à droite (sans tendre clairement à gauche non plus).

Autre élément très intéressant de cette étude et qui peut expliquer au moins en partie les tendances politiques relevées : les différences sociologiques entre partisans des deux mouvements.

Ainsi, selon cette étude, les retraités représentent 44 % des partisans de l'udi alors que ce chiffre tombe à 28,2 % au modem.

La part des plus de 50 ans est de 63,3 % à l'udi contre 42,8 % au modem.


Les moins de 35 ans eux, représentent 30,2 % chez les sympathisants modem et seulement 14,3 % à l'udi.

En disant cela, je n'ai aucune volonté de stigmatiser qui que ce soit, je ne fais que souligner un fait qui apparait clairement dans cette étude.

A mon sens, Tous ces chiffres indiquent qu'il serait hasardeux d'affirmer qu'il n'y a que très peu de différences entre les deux électorats. On se rend compte que l'udi est globalement un peu plus proche de l'ump que de nous, ce qui rend leur positionnement d'alliance systématique avec l'ump finalement assez cohérent mais rend une alliance modem/udi beaucoup moins logique que certains voudraient le croire.

Le centre de gravité de l’électorat du modem parait être légèrement au centre gauche, là où celui de l'udi est clairement au centre droit peut être même à droite tout court.

Je me demande seulement s'il est logique de vouloir faire de la politique de la même manière au MoDem qu' à l'udi alors que le public n'est pas le même.

Une chose qui peut paraitre anecdotique, lorsque notre président François Bayrou, fait des discours, il aime faire référence à d'éminents hommes politiques du passé : Pierre Mendès-France, Valéry Giscard d'Estaing, Raymond Barre...

Si je reconnais bien volontiers qu'en leur temps, ils étaient éminemment respectables dans leur domaine, est ce que ces références sont à même de toucher les gens en moyenne plus jeunes qui constituent notre électorat ?


Le giscardisme, le mendesisme ou le barrisme peuvent ils constituer un horizon intéressant pour des gens qui dans leur majorité n'étaient pas nés ou très jeunes quand ces personnalités étaient aux manettes ?

Très sincèrement j'en doute car on parle là d'une époque très différente de la nôtre située 40 ans dans le passé, autant dire une éternité politiquement parlant.

De même, dans la façon de faire de la politique, on peut se poser le même genre de questions :

Est ce qu'une organisation verticale à l'ancienne dans laquelle se trouvent les notables en haut qui décident de tout entre eux et les simple militants en bas qui appliquent sans broncher, est adaptée à un mouvement comme le notre avec une masse importante de sympathisant qui depuis leur enfance n'ont connu que la France de la crise et surtout de la désillusion vis à vis du monde politique ?

Je crois que le vieux système avec des notables qui font tout pour garder leurs places privilégiées est parmi ce qu'il y a de plus désespérant d'un point de vue de l'image du monde politique.

Il suffit d'écouter tous les jours les discussions de nos amis, collègues, famille ou vagues connaissances pour comprendre qu'une des choses qui les insupporte le plus, ce sont les privilèges et le goût des combines politiciennes que l'on trouve beaucoup dans la vie politique de notre pays.

Sachant tout cela, qu' avons nous à gagner à revenir aux pratiques politiques du passé rejetées par nos concitoyens ?

Un des éléments qui explique le positionnement particulier de notre mouvement dans le paysage politique tient, selon moi, à la façon dont nous avons fait de la politique dans le modem des premières années : des élections internes avec une vraie implication des adhérents et de vrais débats de fond, des commissions thématiques ouvertes, une tentative de définir un programme politique en associant tous les militants intéressés, qui a finalement abouti au programme humaniste... On peut penser ce que l'on veut de ce programme mais on ne peut nier que la démarche était moderne.


Alors bien sûr, tout n' a pas été rose durant cette période avec les batailles d’ego entre responsables, les trahisons, les déceptions électorales et la volonté de certains de revenir aux bons vieux fondamentaux élitistes du fonctionnement d'un parti politique, mais on avait quand même réussit à enclencher quelque chose de différent.

Aujourd'hui, nous nous retrouvons un peu à la croisée des chemins qui, de mon point de vue, se décline en deux options différentes :

1) On choisit de s'allier avec l'udi, recréant ainsi sans le dire une nouvelle udf à l'ancienne avec les modes de fonctionnement qui y sont associés.

Le résultat, si on choisit cette voie, c'est que l'on perdra petit à petit toute la crédibilité que nous avons eu tant de mal à gagner. Certains militants finiront par partir et la sociologie du modem se rapprochera de celle de l'udi... Alors certes, le mouvement aura des élus rapidement mais au final cela n'apportera rien, englués que seront ces élus vis à vis de ceux qui les auront fait rois.

ou

2) On garde le cap de l'indépendance, on continue à faire vivre cette troisième voie que nous avons ouverte et nous continuons à rechercher des convergences avec d'autres sensibilités (je ne parle pas seulement des appareils politiques classiques), non sur une base électoraliste ou dogmatique mais sur la recherche de l'intérêt général.
Cela impliquera de revenir à nos fondamentaux de départ en réaffirmant un fonctionnement interne démocratique et collaboratif que nous avons perdu aujourd'hui.

Ce chemin, de loin le plus difficile et le plus risqué, impliquera qu'il faudra, durant un temps, continuer à galérer pour essayer de convaincre nos concitoyens de notre démarche. Il impliquera également que durant ce laps de temps, nous aurons peu d'élus.

Mais si un jour, nous parvenons à nos fins et que nos concitoyens ouvrent les yeux devant notre ténacité, cela peut ouvrir des horizons formidables...

Que peut on envisager dans l'immédiat ?

Première constatation, les élections municipales ne sont pas les élections les plus intéressantes pour enclencher un processus de rapprochement. Les enjeux sont avant tout locaux et je ne vois pas l'intérêt qu'il y aurait à conclure un accord global qui sera forcément en contradiction avec les réalités locales, à moins d'avoir une logique purement et strictement électoraliste mais si c'est le cas, il faut le dire clairement et arrêter ces grandes scènes d'effusions médiatiques de la famille centriste...


Il n'y a donc aucune raison de précipiter les décisions.

La seule solution un peu logique que je vois, serait de provoquer une grande concertation avec les militants, en les réunissant au niveau local et/ou en passant par les moyens modernes de communication afin de favoriser la plus large participation. En tout état de cause, il faudra donner le temps et les informations nécessaires afin que ce processus se fasse de façon complète.

Ce n'est qu' à l'issue de cette phase d' information/concertation et après vote des adhérents qu'on pourra trancher sur la stratégie.

Une fois cette question tranchée, chacun décidera de la suite qu'il donnera à son engagement en ayant la certitude d'avoir été écouté et consulté de façon démocratique, conformément à l'idée que nous nous faisons du fonctionnement de notre mouvement.

Suis je trop optimiste ? L'avenir nous le dira...

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